22.05.2008

Thibault Gajdos, économiste

 
POUR Y VOIR UN PEU PLUS CLAIR
 

Thibault Gajdos, économiste  et chercheur au CNRS nous rappelle, dans un entretien paru aujourd'hui dans Direct Matin Plus, que la France à encore de gros efforts à faire pour réduire les inégalités et que malheureusement la tendance est plutôt au renforcement des ces disparités.

Des chiffres inquiétants :

— 1 % des Français les plus riches détiennent 13 % du patrimoine et 10 % des revenus.
— 10 % des plus riches détiennent 46 % du patrimoine et 25 % des revenus.
— Sur la période 1998-2006, le revenu médian à augmenté de l'ordre de 0,6 % par an, celui des 350 000 ménages les plus riches de 20 %, des 35 000 les plus riches de 30 % et des 3 500 les plus riches de 40 %.

EN RÉSUMÉ

« Globalement, on sait que les bas revenus ont, au mieux, stagné, en revanche en haut de l'échelle, les augmentations ont été très élevées. »

De plus, ajoute Thibault Gajdos, « la transmission du patrimoine – l'héritage – étant l'un des moteurs de la pérennisation des inégalités dans le temps, la réforme réalisée en 2007 sur les droits de succession qui concerne 3 % des plus riches va amplifier cette tendance.
Avant la nouvelle loi, un couple avec 2 enfants pouvait léguer jusqu'à 500 000 euros sans impôts. Désormais, il pourra léguer jusqu'à 1,6 million d'euros sans impôts. »

Source : Direct Matin Plus

05.02.2008

Il faut liquider l'héritage de Mai 68 !

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02.02.2008

Le pouvoir d'achat m'a tué

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16.01.2008

Traité européen, une bataille pour le monde du travail, par Alain Krivine

 
TRAITE EUROPEEN :
UNE BATAILLE POUR LE MONDE DU TRAVAIL
 

C’est un véritable coup de force contre la démocratie qui se prépare, avec la décision de Sarkozy de faire ratifier le traité européen par le Congrès de Versailles et non par le peuple. En 2005, la majorité absolue des électeurs s’était prononcée contre le projet de Constitution alors que les deux tiers des élus y étaient favorables. Qu’à cela ne tienne, Sarkozy applique sa promesse électorale de ne plus faire appel au peuple pour faire passer le nouveau texte qui reprend l’essentiel du projet rejeté, mais en plus compliqué… En revanche, en décidant de boycotter le Congrès de Versailles, la majorité de la direction du PS viole ses propres engagements de référendum et elle le fait en plus avec hypocrisie. Sans doute une façon particulière d’appliquer la « démocratie participative » chère à Ségolène Royal ?

Une fois de plus et malgré l’opposition d’une partie de ses militants et sympathisants, la direction du PS va servir d’auxiliaire à Sarkozy en s’opposant à sa politique plus sur la forme que sur le fond.

Alors il n’y a plus une minute à perdre pour se mobiliser. D’abord dans une bataille démocratique qui doit être la plus large possible pour imposer un référendum, et ensuite pour se donner les moyens de rejeter cette Europe capitaliste incarnée dans le nouveau traité. Nous savons que la mobilisation est plus difficile qu’en 2005, et beaucoup de gens pensent que c’est trop tard et ont d’autres préoccupations. Mais c’est notre tâche de montrer que la guerre lancée par Sarkozy contre le monde du travail n'est que la traduction des exigences de l’Union européenne, et qu’il y a un lien entre notre opposition au traité et nos résistances à la politique du MEDEF.

La victoire du « non » au référendum a été celle du « non » de gauche et elle fut exemplaire. Mais elle a mêlé indistinctement ceux qui voulaient s’opposer à Chirac, les inquiets du libéralisme ou les adversaires du capitalisme. Et il n’est pas étonnant de voir certains de nos alliés du « non » de gauche se taire, voire, dans le PS, se rallier aujourd’hui sans trop de problème de conscience aux partisans du « oui ». Preuve est ainsi faite que pour s’opposer à Sarkozy, ce qu’il nous faut c’est une gauche de combat, unitaire certes, mais refusant toute compromission.

Alain Krivine

Tribune parue dans L'Humanité du 12 janvier 2008


15.01.2008

Sarkozy et l'Opus Dei

NICOLAS SARKOZY ET L'OPUS DEI
 
Nicolas Sarkozy n’a pas choisi n’importe qui pour co-écrire son livre La République, les religions, l’espérance. Thibault Collin, auteur d’un pamphlet contre l’égalité entre homos et hétéros, est membre de l’association la Fondation de service politique. Créée en 1992, elle se revendique comme « un laboratoire d’idées qui travaille à la promotion d’une pensée politique française cohérente avec l’enseignement social de l’Église ».

Financièrement soutenue par le Saint-Siège, elle recrute ses administrateurs à l’Opus Dei, à l’Ictus ou chez les Légionnaires du Christ. On lui doit notamment une pétition contre l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, un manifeste parlementaire contre l’homoparentalité, une note favorable au voile à l’école, une campagne contre le Téléthon, une campagne contre Da Vinci Code et une campagne demandant la réhabilitation de l’Opus Dei.

Caroline Fourest & Fiammetta Venner

mardi 24 avril 2007 

14.11.2007

Gauche partielle au menu

LCR  ALAIN KRIVINE :
“LA GAUCHE DONNE UN SPECTACLE LAMENTABLE”


A l'occasion du déjeuner qui rassemble, ce mardi, une large partie de la gauche, à l'exception notable de la Ligue communiste révolutionnaire d'Olivier Besancenot, Alain Krivine, porte-parole de la formation trotskiste, livre sa vision de la gauche française.

Gauche partielle au menu

C'est dans un restaurant bio de la capitale, l'Auberge, que la Gauche s'est donnée rendez-vous ce matin pour traiter des sujets les plus propices à la discorde: l’Europe, les questions économiques et sociales, l’environnement, les institutions et les municipales. François Hollande (PS), Marie-George Buffet (PCF), Cécile Duflot (Verts) et Jean-Michel Baylet (PRG) se sont retrouvés sur fond de grogne sociale, avant le coup d’envoi du mouvement des salariés contre la réforme des régimes spéciaux. Absents, Jean-Pierre Chevènement (MRC), qui a préféré snober le repas, et Olivier Besancenot (LCR), indésirable "guévariste" pour le premier secrétaire du Parti socialiste.

Pourquoi la LCR est-elle absente du déjeuner qui regroupe plusieurs formations de gauche ce mardi ?

En lançant, fin août à La Rochelle, cette initiative, Hollande l’avait réservée aux partis de gouvernement, excluant de fait notre formation. Nous étions indésirables au sein d'un collectif auquel nous ne voulions de toute façon pas participer. Les partis présents vont classiquement conclure le déjeuner par une déclaration commune très générale n'engageant à rien et qui n'atténuera pas des divisions internes toujours vivaces. La seule stratégie qui devrait être mise en place est une alliance en vue des élections municipales.

Cette structure doit se réunir tous les mois. Est-ce la fin du Comité Riposte, autre collectif regroupant ces formations et dont vous êtes membre ?

Le Comité Riposte (sorte de comité de liaison de la gauche et de l’extrême gauche, Ndlr) a été créé en 2006 lors des manifestations anti-CPE. A l'occasion de la dernière Fête de l'Humanité, le 18 septembre dernier, les chefs des partis l'ont réactivé, quelques heures après le discours de Nicolas Sarkozy sur les réformes sociales. Un communiqué en est sorti, mais la LCR n'a pas souhaité le signer. D'ailleurs, le PCF s'est rétracté peu après, arguant du vide de son contenu. Pour nous, c'est un collectif mort-né.

Certains évoquent la création d'un grand parti de gauche, allant des altermondialistes au centre-gauche. La LCR y a-t-elle sa place?

Nous avons toujours pensé qu'il existait deux gauches : une libérale, le PS, et une de rupture que nous pensons incarner. Ces deux mouvances peuvent travailler ensemble et être unitaires quand la lutte et un front uni l'exigent. Cependant, nous ne pourrions en aucun cas participer à un gouvernement commun. La gauche de Hollande prouve chaque jour son incapacité à s'opposer à Sarkozy et son démembrement progressif fait le jeu de la majorité. Le rendez-vous d'aujourd'hui est le spectacle lamentable d'une gauche traditionnelle qui pénalise tout le monde, y compris la LCR. Notre formation en profite malgré elle, en continuant à attirer les partisans d'un véritable changement.

Quelle alternative peut offrir la LCR ?

C'est une semaine importante qui débute. Demain, nous rencontrons la direction de Lutte ouvrière afin de traiter des grandes mobilisations sociales en cours. Par ailleurs, de nouvelles discussions doivent se poursuivre, avec des membres du PCF, LO et des syndicats, concernant la création d'un nouveau parti pour l'horizon 2009. Il y aura de la place pour tout le monde, même pour José Bové, qui n'y voit pas forcément son avenir.

L’EXPRESS, mardi 13 novembre 2007
Propos recueillis par Antoine Jaillard,