12.09.2008

Lettre au Parti communiste français par Olivier Besancenot

LETTRE AU PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS

Chère Marie-George, cher(e)s camarades,

En cette rentrée marquée par une situation difficile pour l'ensemble du monde du travail et de la jeunesse, nous tenions à nous adresser à vous à la veille du grand rassemblement populaire qu'est la Fête de L'Humanité.

Nous nous côtoyons régulièrement dans les résistances et dans de nombreux combats politiques. Suffisamment pour bien connaître nos accords et nos divergences. Sur le terrain politique, nos alliances et notre stratégie ne sont pas les mêmes et nous amènent à marcher séparément. Pour autant, c'est le plus souvent ensemble que nous avançons dans les manifestations pour défendre les droits des exploités et des opprimés. C'est aussi au quotidien que nous militons dans les quartiers populaires et les entreprises.

Il nous semble que l'heure est venue de renouer le fil du dialogue afin de faire face à l'avalanche de mauvais coups que le capitalisme porte contre l'ensemble de la population. Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, le Medef se porte mieux que jamais. Ses intérêts sont scrupuleusement défendus par le gouvernement Fillon. Les luttes et les combats ne manquent pas : les régimes spéciaux des cheminots, la loi d'autonomie des universités pour les étudiants, les suppressions de postes dans l'éducation nationale, les grèves sur les salaires sans oublier les travailleurs sans papiers...

Tous et toutes le disent et le réclament : nos résistances ont besoin de plus de soutien, de l'unité la plus large à gauche. Depuis plus d'une année, nous n'avons eu de cesse de proposer des actions unitaires à toute la gauche sociale et politique. Pour dire les choses franchement, la direction du Parti socialiste est restée muette à nos propositions jusqu'à présent. La campagne commune pour exiger un débat national et un référendum sur la privatisation de La Poste fera peut-être exception. Tant mieux !

Pour le reste, il n'est pas rare d'entendre les dirigeants socialistes désapprouver les mesures gouvernementales uniquement sur la forme, une manière de dire que sur le fond il n'y a pas tant de désaccords que ça. Le revenu de solidarité active (RSA) aura même été présenté comme une mesure de gauche, alors qu'elle installe pour longtemps la précarité en généralisant les temps partiels et alors même que son financement épargne gracieusement les profits faramineux des grands groupes qui, eux, ne connaissent pas la crise.

Voilà pourquoi nous avons, vous et nous, des responsabilités communes pour agir ensemble. Il ne s'agit pas de s'enfermer dans un tête-à-tête Parti communiste (PCF)-Ligue communiste révolutionnaire (LCR), mais de penser à l'utilité commune que nous pouvons représenter ensemble pour des millions de salariés, pris à la gorge par les effets de la crise économique actuelle.

Les licenciements tombent en cascade, les salaires sont bloqués et ne permettent pas de vivre correctement, le système public de santé risque, lui aussi, d'être privatisé... La liste est longue.

Aujourd'hui, le Code du travail, les congés payés, les services publics et la protection sociale sont dans le collimateur de la droite. Cent cinquante années d'acquis sociaux, gagnés de haute lutte, ne doivent pas partir en fumée. Les combats menés par nos anciens, les droits sociaux arrachés par les grèves de 1936, de la Libération ou de Mai 68 méritent d'être défendus par tous ceux et toutes celles qui s'en réclament. Il ne peut y avoir de place pour le sectarisme quand il s'agit de lutter ensemble contre nos adversaires communs, la droite et le Medef.

Pourquoi mener séparément des campagnes de soutien alors que l'on serait plus forts à le faire d'une même voix ? Après avoir organisé avec succès des ventes de fruits et légumes à prix coûtant cet été, et au moment où vous organisez, sous votre propre drapeau, une manifestation le 26 septembre sur le pouvoir d'achat, pourquoi ne pas envisager ensemble, et avec d'autres, une campagne axée sur l'augmentation des salaires, des retraites et des minima sociaux ?

Nous sommes disponibles pour discuter de tout cela. Le but n'est pas de régler nos désaccords sur l'alternative politique à construire à gauche d'un coup de baguette magique, mais de prendre conjointement la mesure de la gravité de la situation et d'organiser la riposte ensemble.

OLIVIER BESANCENOT
Le Monde, 12 septembre 2008

22.05.2008

Thibault Gajdos, économiste

 
POUR Y VOIR UN PEU PLUS CLAIR
 

Thibault Gajdos, économiste  et chercheur au CNRS nous rappelle, dans un entretien paru aujourd'hui dans Direct Matin Plus, que la France à encore de gros efforts à faire pour réduire les inégalités et que malheureusement la tendance est plutôt au renforcement des ces disparités.

Des chiffres inquiétants :

— 1 % des Français les plus riches détiennent 13 % du patrimoine et 10 % des revenus.
— 10 % des plus riches détiennent 46 % du patrimoine et 25 % des revenus.
— Sur la période 1998-2006, le revenu médian à augmenté de l'ordre de 0,6 % par an, celui des 350 000 ménages les plus riches de 20 %, des 35 000 les plus riches de 30 % et des 3 500 les plus riches de 40 %.

EN RÉSUMÉ

« Globalement, on sait que les bas revenus ont, au mieux, stagné, en revanche en haut de l'échelle, les augmentations ont été très élevées. »

De plus, ajoute Thibault Gajdos, « la transmission du patrimoine – l'héritage – étant l'un des moteurs de la pérennisation des inégalités dans le temps, la réforme réalisée en 2007 sur les droits de succession qui concerne 3 % des plus riches va amplifier cette tendance.
Avant la nouvelle loi, un couple avec 2 enfants pouvait léguer jusqu'à 500 000 euros sans impôts. Désormais, il pourra léguer jusqu'à 1,6 million d'euros sans impôts. »

Source : Direct Matin Plus

05.02.2008

Il faut liquider l'héritage de Mai 68 !

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02.02.2008

Le pouvoir d'achat m'a tué

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16.01.2008

Traité européen, une bataille pour le monde du travail, par Alain Krivine

 
TRAITE EUROPEEN :
UNE BATAILLE POUR LE MONDE DU TRAVAIL
 

C’est un véritable coup de force contre la démocratie qui se prépare, avec la décision de Sarkozy de faire ratifier le traité européen par le Congrès de Versailles et non par le peuple. En 2005, la majorité absolue des électeurs s’était prononcée contre le projet de Constitution alors que les deux tiers des élus y étaient favorables. Qu’à cela ne tienne, Sarkozy applique sa promesse électorale de ne plus faire appel au peuple pour faire passer le nouveau texte qui reprend l’essentiel du projet rejeté, mais en plus compliqué… En revanche, en décidant de boycotter le Congrès de Versailles, la majorité de la direction du PS viole ses propres engagements de référendum et elle le fait en plus avec hypocrisie. Sans doute une façon particulière d’appliquer la « démocratie participative » chère à Ségolène Royal ?

Une fois de plus et malgré l’opposition d’une partie de ses militants et sympathisants, la direction du PS va servir d’auxiliaire à Sarkozy en s’opposant à sa politique plus sur la forme que sur le fond.

Alors il n’y a plus une minute à perdre pour se mobiliser. D’abord dans une bataille démocratique qui doit être la plus large possible pour imposer un référendum, et ensuite pour se donner les moyens de rejeter cette Europe capitaliste incarnée dans le nouveau traité. Nous savons que la mobilisation est plus difficile qu’en 2005, et beaucoup de gens pensent que c’est trop tard et ont d’autres préoccupations. Mais c’est notre tâche de montrer que la guerre lancée par Sarkozy contre le monde du travail n'est que la traduction des exigences de l’Union européenne, et qu’il y a un lien entre notre opposition au traité et nos résistances à la politique du MEDEF.

La victoire du « non » au référendum a été celle du « non » de gauche et elle fut exemplaire. Mais elle a mêlé indistinctement ceux qui voulaient s’opposer à Chirac, les inquiets du libéralisme ou les adversaires du capitalisme. Et il n’est pas étonnant de voir certains de nos alliés du « non » de gauche se taire, voire, dans le PS, se rallier aujourd’hui sans trop de problème de conscience aux partisans du « oui ». Preuve est ainsi faite que pour s’opposer à Sarkozy, ce qu’il nous faut c’est une gauche de combat, unitaire certes, mais refusant toute compromission.

Alain Krivine

Tribune parue dans L'Humanité du 12 janvier 2008


15.01.2008

Sarkozy et l'Opus Dei

NICOLAS SARKOZY ET L'OPUS DEI
 
Nicolas Sarkozy n’a pas choisi n’importe qui pour co-écrire son livre La République, les religions, l’espérance. Thibault Collin, auteur d’un pamphlet contre l’égalité entre homos et hétéros, est membre de l’association la Fondation de service politique. Créée en 1992, elle se revendique comme « un laboratoire d’idées qui travaille à la promotion d’une pensée politique française cohérente avec l’enseignement social de l’Église ».

Financièrement soutenue par le Saint-Siège, elle recrute ses administrateurs à l’Opus Dei, à l’Ictus ou chez les Légionnaires du Christ. On lui doit notamment une pétition contre l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, un manifeste parlementaire contre l’homoparentalité, une note favorable au voile à l’école, une campagne contre le Téléthon, une campagne contre Da Vinci Code et une campagne demandant la réhabilitation de l’Opus Dei.

Caroline Fourest & Fiammetta Venner

mardi 24 avril 2007 

14.11.2007

Gauche partielle au menu

LCR  ALAIN KRIVINE :
“LA GAUCHE DONNE UN SPECTACLE LAMENTABLE”


A l'occasion du déjeuner qui rassemble, ce mardi, une large partie de la gauche, à l'exception notable de la Ligue communiste révolutionnaire d'Olivier Besancenot, Alain Krivine, porte-parole de la formation trotskiste, livre sa vision de la gauche française.

Gauche partielle au menu

C'est dans un restaurant bio de la capitale, l'Auberge, que la Gauche s'est donnée rendez-vous ce matin pour traiter des sujets les plus propices à la discorde: l’Europe, les questions économiques et sociales, l’environnement, les institutions et les municipales. François Hollande (PS), Marie-George Buffet (PCF), Cécile Duflot (Verts) et Jean-Michel Baylet (PRG) se sont retrouvés sur fond de grogne sociale, avant le coup d’envoi du mouvement des salariés contre la réforme des régimes spéciaux. Absents, Jean-Pierre Chevènement (MRC), qui a préféré snober le repas, et Olivier Besancenot (LCR), indésirable "guévariste" pour le premier secrétaire du Parti socialiste.

Pourquoi la LCR est-elle absente du déjeuner qui regroupe plusieurs formations de gauche ce mardi ?

En lançant, fin août à La Rochelle, cette initiative, Hollande l’avait réservée aux partis de gouvernement, excluant de fait notre formation. Nous étions indésirables au sein d'un collectif auquel nous ne voulions de toute façon pas participer. Les partis présents vont classiquement conclure le déjeuner par une déclaration commune très générale n'engageant à rien et qui n'atténuera pas des divisions internes toujours vivaces. La seule stratégie qui devrait être mise en place est une alliance en vue des élections municipales.

Cette structure doit se réunir tous les mois. Est-ce la fin du Comité Riposte, autre collectif regroupant ces formations et dont vous êtes membre ?

Le Comité Riposte (sorte de comité de liaison de la gauche et de l’extrême gauche, Ndlr) a été créé en 2006 lors des manifestations anti-CPE. A l'occasion de la dernière Fête de l'Humanité, le 18 septembre dernier, les chefs des partis l'ont réactivé, quelques heures après le discours de Nicolas Sarkozy sur les réformes sociales. Un communiqué en est sorti, mais la LCR n'a pas souhaité le signer. D'ailleurs, le PCF s'est rétracté peu après, arguant du vide de son contenu. Pour nous, c'est un collectif mort-né.

Certains évoquent la création d'un grand parti de gauche, allant des altermondialistes au centre-gauche. La LCR y a-t-elle sa place?

Nous avons toujours pensé qu'il existait deux gauches : une libérale, le PS, et une de rupture que nous pensons incarner. Ces deux mouvances peuvent travailler ensemble et être unitaires quand la lutte et un front uni l'exigent. Cependant, nous ne pourrions en aucun cas participer à un gouvernement commun. La gauche de Hollande prouve chaque jour son incapacité à s'opposer à Sarkozy et son démembrement progressif fait le jeu de la majorité. Le rendez-vous d'aujourd'hui est le spectacle lamentable d'une gauche traditionnelle qui pénalise tout le monde, y compris la LCR. Notre formation en profite malgré elle, en continuant à attirer les partisans d'un véritable changement.

Quelle alternative peut offrir la LCR ?

C'est une semaine importante qui débute. Demain, nous rencontrons la direction de Lutte ouvrière afin de traiter des grandes mobilisations sociales en cours. Par ailleurs, de nouvelles discussions doivent se poursuivre, avec des membres du PCF, LO et des syndicats, concernant la création d'un nouveau parti pour l'horizon 2009. Il y aura de la place pour tout le monde, même pour José Bové, qui n'y voit pas forcément son avenir.

L’EXPRESS, mardi 13 novembre 2007
Propos recueillis par Antoine Jaillard,