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05.02.2008

Coup de force contre la démocratie !

 
COUP DE FORCE CONTRE LA DEMOCRATIE !
 

Le 4 février, députés et sénateurs, réunis en Congrès à Versailles, vont voter une modification de la Constitution qui permettra l’adoption du « minitraité », signé en décembre à Lisbonne. Pourtant, en 2005, au terme d’une mobilisation démocratique exceptionnelle à propos des problèmes européens, contre l’avis des principaux dirigeants du PS et de l’UMP et des principaux médias, les électeurs avaient clairement dit « Non » à « la concurrence libre et non faussée », à la casse des services publics, à la soumission à l’OTAN.
 A défaut de pouvoir dissoudre le peuple,
Sarkozy le contourne !
 
« Il y a un gouffre entre les peuples et les gouvernements », a dit Sarkozy pour justifier son refus d’organiser un nouveau référendum. Seuls les députés et les sénateurs vont se prononcer. Pourtant, s’il est un sujet où les élus ont démontré qu’ils ne représentaient pas l’opinion publique, c’était bien sur ce Traité constitutionnel européen, approuvé en 2005 par 80 % des députés et sénateurs, et majoritairement rejeté par la population.
L’Europe que nous propose aujourd’hui Sarkozy, c’est bien la même que celle qui nous était proposée il y trois ans. En pire même, si l’on en croit les propos qu’il a tenus devant la convention de l’UMP. Sarkozy a exalté « les racines chrétiennes de l’Europe » et proposé que les gouvernements s’unissent dans le refus de toute mesure de régularisation massive des travailleurs immigrés. Il essaie d’enrayer sa chute dans les sondages, en reprenant certains de ses thèmes sécuritaires et réactionnaires : la xénophobie et la religion.
 
La forfaiture de Sarkozy ne pourrait pas réussir
sans l’appui du Parti socialiste
 
Si Sarkozy peut opérer un tel déni de démocratie, c’est qu’il a encore une fois l’appui du Parti socialiste. Leur communauté de vues sur la mise en place du libéralisme européen ne date pas d’hier : nous n’avons pas oublié cette « une » de « Paris-Match » où Sarkozy et Hollande communiaient dans le même appel à voter « oui ».
Pour éviter que soit convoqué un nouveau référendum, Sarkozy a besoin de 545 voix, et l’UMP et ses alliés politiques n’en disposent que de 539 : sans la complicité des parlementaires socialistes, Sarkozy ne pourrait pas parvenir à ses fins.
Cette fois-ci encore, comme au moment des grèves des salariés et des étudiants il y a quelques semaines, le Parti socialiste se retrouve sur la même ligne politique que Sarkozy ! François Hollande s’est livré à des pantomimes pitoyables, appelant dans un premier temps ses élus à boycotter la séance du Congrès avant de les appeler à « voter selon leur conscience », ce qui laisse la voie grande ouverte à Sarkozy.
Non à l’Europe du fric et des flics,
oui au référendum !

Leur connivence une nouvelle fois affirmée, n’empêchera pas la voix des opposants de se faire entendre et de dénoncer le mépris qu’ils étalent pour le peuple !
Les militants de la LCR et leur porte-parole, Olivier Besancenot, qui étaient aux premiers rangs de la lutte contre le Traité, pour la victoire du Non en 2005, se sont  retrouvés dans la lutte du collectif national pour exiger un nouveau référendum.
Nous nous opposons à cette Europe des traders et des spéculateurs, du chômage et de la précarité, du dumping social et des centres de rétention. Une Europe dure avec les travailleurs mais complaisante envers les capitalistes et leur sinistre casino financier alimenté par les richesses qu’ils nous volent.
Notre lutte pour une autre Europe, solidaire, écologiste, féministe, une Europe des travailleuses, des travailleurs et des peuples, est au cœur du projet de création du parti anticapitaliste et internationaliste, dans lequel la LCR s’est engagée lors de son congrès le week-end dernier.

POUR CETTE LUTTE LA AUSSI,
IL FAUT UNE GAUCHE DE COMBAT !

Le 1er février 2008

Commentaires

À l'heure où les commémorations sur mai 68 vont fleurir, ou l'on va "historisiser" la révolte en la commentant avec une pointe de nostalgie, il serait préférable de l'incarner sur le pavé. Le travail de mémoire, s'il a son importance et encore faudrait-il s'entendre sur le sens donné au mot "mémoire", ne doit pas nous enfermer dans le passé au point de nous momifier. J'espère toujours en un sursaut de conscience. Cela étant, lorsque je constate le peu de réactions sur ce site, le doute s'installe en moi. Mais il est vrai aussi que l'essentiel devra s'exprimer sur le terrain qui, lui, n'aura rien de virtuel.

Ecrit par : Fabrice | 05.02.2008

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