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07.01.2008
Camps de rétention
22 décembre 2007, manifestation devant le CRA de Rennes
Photothèque Rouge/Thomas
Depuis plusieurs jours, un mouvement de révolte touche les centres de rétention administrative (CRA), prisons réservées aux sans-papiers en vue de leur expulsion, notamment à Vincennes et au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne). Une journée de mobilisation est prévue le 19 janvier.
« Ce jeudi 27 décembre, nous, sans-papiers du Mesnil-Amelot, nous déclarons en grève de la faim. Le chiffre de 25 000 expulsés devant être atteint pour le 1er janvier 2008, la police expulse tout le monde et n’importe qui ! […] Nous refusons d’être traités comme des sous-hommes et appelons l’ensemble des gens qui pensent encore que nous sommes des êtres humains à dire “stop” à cette politique raciste, […] [à] la politique d’apartheid de votre pays. »
Tel est l’appel au secours lancé par les sans-papiers retenus au CRA du Mesnil-Amelot, celui qui jouxte l’aéroport de Roissy. Comme toujours, la police a cru qu’elle étoufferait la révolte avec un simple transfert des « meneurs » dans d’autres lieux d’enfermement. Au contraire, le mouvement s’est étendu au CRA de Vincennes et dure encore. Car le problème est profond. Il y a déjà eu, dans ces centres, des révoltes, des grèves de la faim, voire des actes individuels de désespoir : automutilations, suicides...
Le mouvement actuel est une réponse à la politique du chiffre et à l’accélération des interpellations pour atteindre à tout prix les quotas assignés à chaque préfecture. « Pour dix départs effectifs, il faut 30 interpellations à compter d’aujourd’hui, 20 décembre », a écrit la préfecture de Loire-Atlantique aux services de police et de gendarmerie. Tout est bon pour y parvenir, y compris les convocations pièges, auxquelles se sont rendus des sans-papiers pour réexamen de dossier, avant d’être menottés. La mobilisation à l’aéroport a parfois permis d’empêcher des expulsions, comme le 27 décembre, celle de Marie-Claire, une femme enceinte de six mois et demi et transférée, malgré son état, du CRA de Rennes à Roissy.
Dans ces centres, que le rapport sénatorial Mermaz qualifiait d’« horreur de la République », des chambres sont aménagées pour les familles et du matériel de puériculture a été introduit afin d’enfermer des enfants. La loi Sarkozy de 2003 a porté la durée maximale de la rétention à 32 jours, ce qui l’apparente clairement à une incarcération. Une directive sera examinée au Parlement européen ce mois-ci. Elle prévoit que la rétention administrative pourra atteindre dix-huit mois et instaure, contre toute personne renvoyée, une interdiction pour cinq ans de revenir en Europe.
Les associations ont lancé un appel européen contre cette « directive de la honte ». Le 19 janvier, journée européenne de mobilisation contre l’enfermement des sans-papiers en Europe, sera l’occasion de multiples rassemblements, à l’appel du Réseau éducation sans frontières (RESF) et des associations du collectif Uni(e) contre une immigration jetable (Ucij), pour exiger la fin des expulsions, la fermeture des centres de rétention et la régularisation des sans-papiers.
Emmanuel Sieglmann
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20:40 Publié dans LES RAFLES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Centres de rétention, RESF, immigrés, étrangers, sans-papiers, crime d'Etat




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